L’histoire sans fin.

Nicolas | 31 août 2007

[ La gagnante du jeu du post précédent est Marine, le titre du film est "My Sassy Girl", mon film coréen préféré qui raconte l'histoire d'un gars qui rencontre une fille complètement tarée mais super mignonne. Elle a gagné une bouteille de baiju que je lui apporterai chez elle à mon retour, un jeudi soir tant qu'à faire pour faire goûter aussi à ses copines. ]

Attention, préparez-vous : ceci est la version aigrie de mon histoire. J’ai renoncé à la version normale.

Aujourd’hui au boulot, vers midi, quelqu’un vient me parler sur msn : c’est Elle. “Salut tu fais quoi ? T’es libre ?” Nan poupée, moi je bosse, faut pas croire que tout le monde fait rien de ses journées comme toi. Mais si tu veux venir manger un morceau, ça me convient très bien. Dans une heure ? No problemo.

J’arrive donc au Coolzey vers 13h. Personne. Je commence à boire un cocktail de fruits en attendant, puis je sors dans la rue pour aller la chercher vu qu’elle ne trouve pas l’endroit. Elle est avec une amie. Je lui fais la bise, elle réagit bizarrement, un peu surprise. Quoi, tu croyais pas que j’allais t’embrasser alors que je t’ai pas vue depuis 11 jours et que tu répondais pas à mes SMS, si ? Je serre la main à son amie, elle veut pas faire la bise. “Tu l’as déjà vue, tu te souviens ? Non ? Ben c’est ma coloc !”. Ah, la fille qui s’était cachée quand j’allais partir de chez toi ? Je vois… “Tu m’avais même pas dit bonjour, t’es parti tôt”, que sa coloc me fait. Excuse-moi, j’avais la crève, et un mal de dos horrible. Faut pas dormir chez les chinoises, faut les ramener chez soi, c’est mieux.

Donc voilà, on rentre dans le resto, Elle voit mon cocktail qui était resté en plan et en prend un aussi. Ouch. Bon, on regarde le menu. Des pâtes au saumon ? Non, trop cher, on va prendre au poulet. “Tiens, je crois que je vais prendre des pâtes au saumon. J’adore le poisson.” Toi, fillette, t’as tout compris à la vie. J’ai pleuré en voyant l’addition à la fin. (Hé, la copine, tu payes pas ta bouffe ? Profiteuse.) Y’a même pas de vaseline avec la “maidan”. Si j’avais su, on serait allé manger des tsao mien (pâtes sautées à 3 kuais).

Mais la copine, elle était sympa quand même. J’avais difficilement fait l’effort de caresser la main de la fille qui avait ensuite pris la mienne dans la sienne, quand la copine propose de prendre des photos de nous avec son Nokia 2 mégapixels qui coûte 3 briques mais qui fait quand même des photos bruitées avec une lumière pourrie. L’un contre l’autre, ok. Une autre où faut s’embrasser ? Ah, si c’est pour la photo, je veux bien me sacrifier… (Etrangement, c’est là où j’ai le plus souffert. Pourquoi… Pourquoi tu joues à ça…) Après, elle s’est mise contre moi sur le canapé. J’étais bien, j’avais envie de dormir. On avait l’air heureux tous les deux, comme si rien ne s’était passé. Comme si 11 jours ne s’étaient pas écoulés. Et pourtant.

“Tu fais quoi ce soir ? Ah, tu m’enverras un message ? Ok.” J’attends encore.

La vie suit son cours.

Nicolas | 27 août 2007

Après un chagrin d’amour, y’en a qui pleurent pendant des jours. Y’en a qui prennent plusieurs kilos à force de manger comme des abats-jours. Y’en a même qui se suicident alors que c’est pas leur tour. Moi, pour oublier, je dépense.

Alors je vous présente mon nouvel achat du jour. Il est beau, il est petit par sa taille mais grand par son talent. Il peut contenir 8go de musique. Il a 20 heures d’autonomie en lecture de mp3, 5 heures en vidéo. Il a un clavier tactile (même que je comprenais pas comment ça pouvait marcher avec si peu de boutons au début, le manuel est en chinois). Il a un excellent son. J’ai l’honneur de vous présenter… Le Meizu Mini Player !

La photo est floue, ça vient pas de l’écran. Je défie quiconque de trouver le film dont l’image est extraite.

C’est un lecteur chinois qui a une particularité spéciale : ce n’est pas une copie. C’est un original d’excellente qualité, fait par un fabricant chinois (Dane-Elec). Ce modèle de lecteur mp3 commence à apparaitre en Europe, bien moins cher que l’iPod nano, 150 euros pour 4 go. Mais le mien a coûté 90 euros pour 8go, héhé. J’en avais marre des 2h de batterie de mon fake iPod chou-fleur. Et puis ça fait plaisir de pouvoir mater des vidéos, l’écran est tellement bien qu’on peut y lire des sous-titres sans problème. (J’ai failli oublier, le meilleur pour la fin : il affiche aussi les paroles des chansons. Du moins il le fera quand j’aurais compris comment faire.)

Et parce que ce message était inintéressant, je vous rajoute une citation de Paulo Coelho :

“The glory of the world is transitory, and we should not measure our lives by it, but by the choice we make to follow our personal legend, to believe in our utopias and to fight for our dreams. We are all protagonists of our own lives, And it is often the anonymous heroes who leave the deepest mark. “

Le Coolzey, c’est cool !

Nicolas | 25 août 2007

Des restaurants, j’en ai vu des tas à Shanghai. Du petit endroit miteux pour manger des pâtes au bouillon jusqu’au restaurant thailandais super classe avec les tables extérieures perdues dans la pénombre tamisée d’une forêt de bambou apprivoisée. Et pourtant, mon préféré, c’est le Coolzey.

Pâtes au bouillon très épicées

Là c’est le boui-boui du coin avec les pâtes au bouillon qui arrachent la gueule. Ici, ils ne vendent pas de boisson, donc on peut ramener ce qu’on veut du supermarché du coin.

Où se trouve le Coolzey ? Près de chez Vincent et Daphné, en fait. Dans la rue de l’arrêt de bus il me semble. Un jour, à midi, on avait faim et on voulait faire autre chose que le restaurant portuguais, Daphné nous a donc fait découvrir ce lieu magique. C’est assez petit, de la place pour une dizaine de personnes. Mais jamais plein quand on arrive. Des banquettes très confortables pour les plus paresseux, dont je fais parti. Une atmosphère à la “The Longest Journey”, presque en dehors du temps et de l’espace, avec des peintures sur les murs du plus bel effet et de la musique qui colle toujours à l’endroit. On s’y sent tellement bien qu’à chaque fois on y resterait bien pour y faire la sieste.

Coolzey

La photo paye pas de mine mais c’est quand même un chouette endroit.

Mais au fait, on y mange quoi au Coolzey ? Des pâtes, des pizzas, des sandwichs, des salades. Ils font même le cappuccino le meilleur au monde. Tout est servi au bout de trois plombes un quart, mais en général l’attente est méritée et on se régale. (Evitez juste les lasagnes qui en fait sont réchauffées au micro-ondes, donc pleines d’eau et presque froides.)

La dernière fois que j’y suis allé, je me suis dit que ça le ferait bien d’avoir le même tee-shirt que les gens qui bossent là-bas. Enfin, le monde connaitrait ma passion pour ce petit restaurant ! Les shanghaiens et shanghaiennes s’y précipiteraient en voyant quelqu’un de ma prestance porter ce tee-shirt, ça m’empêcherait d’y aller souvent mais le succès serait amplement mérité. J’ai donc demandé à une serveuse une fois mon repas fini si je pouvais en acheter un. Elle appelle son patron, elle me dit que je l’aurai dans 15 minutes pour 25 kuais, avec même une casquette gratuite. Comme on allait partir, Daphné a demandé si on pouvait se les faire livrer. Résultat, un tee-shirt et une casquette amenés dans un sac en carton au bureau, finalement gracieusement offerts par la maison. Coolzey, je vous aime.

Fake country, fake people.

Nicolas | 22 août 2007

Samedi soir, à l’anniversaire de Maria, j’ai discuté avec un gars qui bosse chez Ubisoft, en mission à Shanghai.

“J’ai vu des tas de potes rentrer en France complètement cramés. A un point que certains en venaient à payer [pour avoir du sexe]… Heureusement que j’ai vu ça pour éviter de l’être à mon tour. Mais j’ai vu des atrocités que tu ne peux pas imaginer.” J’étais curieux, je me demandais jusqu’où ça allait. Il m’a raconté être allé une fois dans la campagne plus ou moins contre son gré (ce n’était pas au programme de la sortie), des gamines de 10-12 ans étaient là pour masser les laowai, et… ça a dégénéré. Il ne s’est pas laissé faire, mais c’est quand même horrible, c’est là qu’on se rend compte qu’on est vraiment dans un pays pauvre et que les pauvres essayent de vivre sur le dos des riches par tous les moyens.

Et moi, dans tout ça ? J’ai fini par revoir Tracy. A chaque fois que je crois que je ne vais plus la revoir, elle réapparait. Elle m’a dit qu’elle n’était pas heureuse dans cette ville, qu’elle se sentait seule. C’est pour ça qu’elle sort avec tous les français de la ville ? J’ai même du mal à croire ce qu’elle dit, à accepter que ses paroles soient sincères tellement elles paraissent sortir du coeur.

Au pays de la contrefaçon, même les êtres humains sont faux. A nous de ne pas fermer les yeux.

Excursion à Suzhou.

Nicolas | 19 août 2007

J’vous ai pas raconté ? Samedi y’a une semaine, j’ai passé la journée à Suzhou, une ville de 3 millions d’habitants près de Shanghai. Selon le guide Michelin, c’est une ville réputée pour ses jardins et ses jolies femmes, on se devait donc d’y aller.

Très tôt le matin (genre 8h30), moi et Florian rejoignons Vincent pour prendre le train rapide qui y va en une demi-heure. La gare de Shanghai, on dirait un aéroport tellement c’est grand, faut même passer ses sacs au contrôle. Dans le train, pas tellement de laowai, surtout des chinois qui vont visiter. Des chinois qui font le plus de bruit possible comme à leur habitude, ça doit être un sport national, j’ai pas encore assimilé cet aspect de leur culture. En arrivant on se fait assaillir par des vendeurs de tout et n’importe quoi, des chauffeurs de taxi véreux, mais on arrive à s’éloigner un peu de tout ça, jusqu’à trouver un taxi-vélo. Y’en a pas à Shanghai, ce sont des gars qui peuvent tirer une banquette avec 2 personnes dessus juste en pédalant avec leur vélo. C’est fun, et ça permet de regarder tranquillement le paysage tout en se déplaçant, ça change du vrai taxi (qui est moins cher que ce qu’on a payé, on s’est légèrement fait avoir).

On commence par visiter un jardin où le taxi-vélo nous a amené. Il ne ressemble pas à celui qu’on a demandé, mais il n’est pas si mal que ça. On visite tranquillement, on monte en haut d’une tour pour voir une vue d’ensemble de la ville. Apparemment il y a des gens qui sont là pour prier, je crois me souvenir qu’il y a même des moines.

Une fille allume de l'encens.

N’arrivant pas par la suite à négocier un autre taxi-vélo, on prend un taxi normal pour aller vers le jardin suivant. Mais avant d’aller le visiter, on se fait une halte dans un restaurant coréen, où nous serons les seuls clients. Les tables y sont très agréables car il y a un renfoncement dessous pour y mettre ses jambes, et on est assis directement sur le parquet. Interdit d’y aller en chaussures cependant. On commande plein de plats, ce n’est pas mauvais mais c’est un peu trop épicé à mon goût.

Plats du restaurant à Suzhou

Dans cette ville, malgré le fait qu’elle soit très grande comparée à une ville française, on ne ressent pas l’ambiance des grandes villes et les gens y sont très gentils. La preuve, les serveuses se font un plaisir de prendre la pose. Les filles, vous êtes maintenant sur mon blog, la célébrité est pour bientôt.

Les serveuses du restaurant à Suzhou

On sort, on va négocier quelques souvenirs, puis on visite le jardin des Maîtres des filets, soi-disant le plus beau jardin de Suzhou. C’est vrai, il est petit, mais il est beau à voir.

Jardin du maitre des filets

J’aimerais bien avoir un jardin comme ça derrière chez moi.

Le trésor du jardin.

Florian et Vincent admirent le plus bel objet exposé dans le jardin.

Une sorte de tableau.

J’aime beaucoup ce genre de peintures, j’en ai d’ailleurs acheté dans un magasin de souvenirs. Elles me font penser à un épisode de Mushishi.

Plus tard dans l’après-midi, on visite le temple de Confucius. Là, c’est gratuit, mais du coup ce n’est pas très bien entretenu et il n’y a pas grand chose à voir.

Des statues représentant Confucius et ses élèves.

J’en profite pour partager avec vous quelques unes de ses citations. Attention, moment culture.

  • Je ne puis apprendre à parler à qui ne s’efforce pas de parler.
  • Quand on ne sait pas ce qu’est la vie, comment pourrait-on savoir ce qu’est la mort ?
  • Celui qui est sévère envers lui-même et indulgent envers les autres évite les mécontentements.
  • Il est parfois des moissons qui n’arrivent pas à fleurir ; il en est aussi qui, après avoir fleuri, n’ont pas de grain.
  • Quand vous voyez un homme sage, pensez à l’égaler en vertu. Quand vous voyez un homme dépourvu de sagesse, examinez-vous vous même.

Il nous reste un peu de temps avant de rentrer, on fait un saut au marché des plantes et des animaux. Il y a de tout là-bas : des criquets de combat, des araignées énormes, des écureuils de Corée entassés les uns sur les autres, des chiens, des poissons, des oiseaux, des fake iPod…

Des pauvres chiens en cage.

J’avais envie de tous les acheter pour qu’ils puissent vivre en liberté, mais y’en avait beaucoup trop.

Une fillette au marché des animaux.

Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice !

Like a cold day in august, I was not prepared for this…

Nicolas | 14 août 2007

Lundi soir, après le resto français nommé Des Lys (ils faisaient une promo : un plat offert pour un plat acheté) où tout le monde a pris des hachis parmentiers, nous nous sommes tous concertés. Zapata’s ou Windows ? Nous sommes donc retournés au Windows, le Zapata’s n’a plus la cote ces temps-ci, un peu comme le Logo qu’on a pas vu depuis longtemps.

On arrive, on se pose tranquillement, on prend une bière, toussa. Je remarque deux filles toutes seules à une table. J’ose pas aller leur parler, normal. Je n’ai pas volé ma réputation de GSNALF (Gars Super Nul Avec Les Filles). Je vais jouer au babyfoot. Je continue à les regarder de temps en temps. Je vois qu’elles se rapprochent au niveau des tables. Nan, j’y crois pas une seconde, ça doit être le hasard. D’ailleurs quand on quitte le baby, elles décident d’y jouer à deux. Ben ouais, elles voulaient juste jouer, que je me dis. Je demande à Vincent s’il veut pas qu’on joue avec elles. Il refuse poliment. “Mais attends, Vincent ! Le babyfoot ! Le babyfoot ! Le babyfoot est magique !” Mais rien à faire, je m’asseois et je comate à une table.

- Je peux m’asseoir sur cette chaise ?

- Agagaaaa… *signe de tête* qskldnqsjfnjksfkj.

Première fois que ça m’arrive, une fille qui vient m’accoster dans un bar. Apparemment ça arrive souvent aux laowai. C’était la plus mignonne des deux, Tracy. 24 ans, étudie le japonais. Peut-être un rêve, peut-être un cauchemar. On pourrait croire à un coup du destin tellement j’ai l’impression qu’il a voulu nous rapprocher. Mais maintenant, je n’y vois plus qu’une leçon de vie.

Moi et Tracy

Moi et Tracy. (Y’a aussi le dealer du Logo à droite sur la photo.)

God Bless China.

Nicolas | 12 août 2007

Shanghaï, c’est l’Amérique. Celle avec un grand A.

Samedi dernier, déjà, nous étions allés au City Dinner vers 7h du matin en sortant du Logo histoire de ne pas aller au lit le ventre vide. C’est un restaurant américain ouvert 24h/24. Là-bas, il n’y avait de chinois que les employés, tous les clients étaient des étrangers, même les filles qui travaillent la nuit venues se restaurer et récupérer quelques clients de dernière minute au passage. Pour se remettre de la soirée, rien de mieux qu’un grand verre de jus d’orange pour les vitamines, et un énorme hamburger pour ce qui est des bonnes graisses. Je n’avais jamais mangé un aussi bon hamburger avant, vraiment parfait, et la mayonnaise pour les frites était à tomber. Ça change du Mc Do asthmatique qu’on mange d’habitude le matin (même qu’ils ont jamais voulu nous filer de frites).

Hamburger

Mais la culture américaine ne s’arrête pas à cet endroit, elle se propage comme des vendeurs de dvd ambulants. Vendredi soir, après avoir encore mangé au restaurant portuguais et avoir testé un club en vitesse (où on a pu rentrer en bermuda alors que tout le monde à l’intérieur était bien habillé), on a été vendredi soir au Windows Scoreboard, un bar américain avec des jeux (fléchettes, billard, baby foot…) et avec un groupe (deux papys bedonnants) qui jouait en live à notre arrivée. Ça m’a vraiment fait plaisir de venir là-bas, la musique était appréciable. Le groupe a joué du U2, du Green Day… Et une fois le groupe parti, on a eu droit deux fois à du Weezer, “Buddy Holly” et “In The garage” extraits du “Blue Album”. J’aurais juste à leur reprocher le manque de risques au niveau de la musique, notamment parce qu’ils ne passaient que des chansons plus ou moins anciennes (je n’aurais pas été contre un “Perfect Situation”), mais j’ai passé une bonne soirée.

Vincent a gagné aux fléchettes

Vincent a cassé la baraque aux fléchettes.

Baby foot

Le baby foot Carlsberg déglingué, mieux qu’une agence de rencontres. Des filles viennent jouer, des gars complètent le tableau, et une fois la partie finie, ils vont discuter tous ensemble voire plus si affinités.

Légende urbaine.

Nicolas | 9 août 2007

Toute légende a un commencement. Toute légende offre une quête.

Tout a commencé un beau jour ensoleillé à Shanghai. Notre boss, qui porte tout le temps des tee-shirts et qui se laisse pousser la barbe pour faire son rebelle (“on est rebelle ou on ne l’est pas” ®) portait ce jour là un tee-shirt qui a tout de suite attiré notre attention. Un tee-shirt “Miao”. Quoi, vous ne connaissez pas cette marque ? Laissez-moi vous expliquer.

Imaginez un tee-shirt Puma. Dessus, y’a marqué Puma, et y’a un puma qui saute dans le vide comme un con à côté. Mouais, intérêt plutôt faible. Mais imaginez le même tee-shirt avec marqué dessus “Miao” avec à côté un chat qui saute aussi dans le vide, mais qui sait où aller : vers le succès. Avec un tee-shirt comme ça, vous rentrez partout en soirée, et on vous offre même les Long Island dont vous raffolez tant tellement on vous admire. C’est le tee-shirt que tout Shanghaïen lassé des contrefaçons se doit d’avoir. Le tee-shirt du boss aux couleurs de la boîte est bien aussi, mais je le recommande seulement pour les rendez-vous avec les filles auxquelles on a donné sa carte de visite, ainsi elle vous retrouvera dans un resto même si elle était bourrée la veille.

Bref, il me le fallait, ce tee-shirt. C’est pourquoi récemment, en taxi, je m’exclamai tout d’un coup sans crier gare (ni aéroport) : “Ah, un Miao Shop !!! Là, dans cette rue !” (“Taxi, suivez ce magasin !”, aurais-je voulu dire. Quel dommage que je ne parle pas chinois.). Une lueur d’espoir se ralluma dans mon âme, et tel un guerrier de la lumière dans sa lutte du bon combat, je jurais en mon for intérieur que je retrouverais ce lieu et que j’en sortirais avec mon Saint Graal à moi. A défaut d’Excalibur, je m’armerais de quelques billets de 100 kuais, de mes solides nouvelles chaussures et d’un courage infini.

Je suis parti en repérage lundi matin. Je l’ai trouvé au bout de la rue en face, après avoir marché au moins… Pfiou, 20 minutes. Tout le monde ne l’aurait pas fait. Mais il était fermé. La tension était palpable, ma patience allait bientôt être récompensée mais je devais attendre encore quelques jours avant d’avoir l’occasion d’y retourner.

C’est ce que j’ai fait ce soir après le boulot. En fait ce magasin n’a rien à voir avec le tee-shirt, c’est un magasin de jouets… I’m such a loser. ;_;

La pluie a parfois du bon.

Nicolas | 5 août 2007

Samedi aprèm, comme prévu, on est allés voir un quartier à l’architecture typiquement chinoise entièrement refait. Sur le coup, on est un peu déçus.

Architecture

Pas parce que les bâtiments ne sont pas beaux, mais parce qu’ils ne sont remplis que de magasins de souvenirs, de Mc Do, de KFC ou encore d’Häagen-Dazs. Avec les “Watchs ? DVD ” habituels. Plus de laowai que de chinois, quasiment. On fait un tour, mais rapidement, on cherche à visiter les quartiers populaires des alentours, ceux qui en valent vraiment la peine.

Rue populaire

Chinois avec un journal

Grrr, on peut même plus lire son journal tranquille à cause de ces laowai.

En arrivant sur un marché de nourriture, la pluie commence à tomber. Tellement fort qu’on est obligés de s’abriter dans un premier temps sous les parasols. Les marchands s’affairent à protéger rapidement leur précieuse marchandise.

Pluie 1

Pluie 2

Le problème, c’est que la pluie ne veut pas s’arrêter. Le niveau de l’eau commence à monter. Les boulangers devant lesquels on s’est arrêté nous propose dans un premier temps de venir nous asseoir dans l’entrée du magasin, mais comme après plus d’une demi-heure la situation ne s’améliore pas, le père nous invite très gentiment dans ce qui est sûrement leur unique pièce à vivre. Les commerçants sont sûrement ceux qui vivent le mieux parmi la classe moyenne, ce n’est pas le grand luxe mais ils ont le confort nécessaire, sont assez bien habillés, y’a même une fille qui a un téléphone portable, et puis ils ont l’air de manger à leur faim. Quand on leur dit qu’on est français (et qu’ils le comprennent), un des enfants répète ce que je pense être le mot “vin” en chinois, en mimant le geste de boire une bouteille. Notre réputation dépasse toutes les frontières.

Famille 1

Pour passer le temps, les enfants jouent aux cartes à un jeu qu’on n’a pas pu déterminer.

Famille 2

De nouveaux arrivants, sans doute les deux grandes soeurs avec les deux enfants de celle avec le tee-shirt blanc.

Après près de 2h de pluie, on peut enfin partir, non sans oublier de leur acheter un paquet de crèpes gauffrées très bonnes à 3 kuais. Sur le chemin du retour, on trouve le temple sur l’eau qu’on cherchait depuis le début. Il était en fait à trois pas de là où on était entrés…

Temple sur l'eau

Le marché aux vêtements.

Nicolas | 2 août 2007

Dimanche après-midi, il pleuvait. Il pleut trop souvent à mon goût. Et quand il pleut pas, il fait trop chaud. On sort de la Santana, et on rejoint l’habituel commercial de la boite pour aller faire des affaires dans un immeuble bien réputé de Shanghai, à l’intérieur duquel se trouve ce qu’on appelle assez communément “le marché du faux”. C’est comme celui de l’électronique, sauf que y’a pas d’électronique, et qu’à la place y’a des vêtements.

Marché aux vêtements

Vincent nous prévient d’emblée. “Les bermudas et les tee-shirt, c’est entre 30 et 5O kuais. 100 kuais pour les chaussures.” Justement, en parlant de chaussures, y’a que ça à l’étage où on arrive. On se ballade un peu, puis Vincent attaque. Il veut une paire de chaussures. Prix de départ ? J’ai oublié, sûrement assez cher. Prix à l’arrivé ? 100 kuais, difficilement obtenu. Je veux aussi une paire de chaussures, mais y’a peu de choix en fait, ils sont pas très variés dans leurs modèles de contrefaçons. Alors je vais voir un autre vendeur, et je prends les mêmes que lui dans une autre couleur. Le vendeur demande à Vincent combien il a payé les siennes. “90.” Ok pour 90 sans broncher. Ça se passe comme ça chez les chinois.

Comme Florian veut un nouveau portefeuille, on entre dans un petit magasin de maroquinerie. “Venez voir au fond”, nous fait signe la vendeuse. Nous nous engouffrons dans les entrailles du magasin étroit sans savoir ce qui nous attend, j’ai peur. C’est peut-être un piège. Elle fait coulisser le mur du fond pour nous faire entrer dans une minuscule pièce remplie de sacs Prada, Dior, YSL… Pendant que Florian cherche dans les faux portefeuilles de luxe, la vendeuse essaye de nous faire la conversation. “Quel âge tu as ? 18 ans ?” J’ai 22 ans, connasse. Vincent, charmeur de son état, la complimente. “30 ans ? Mais non, vous n’êtes pas trop vieille !”

A l’étage du dessus, c’est une autre histoire. Des tee-shirts, des polos, des bermudas, toujours de grandes marques. Mais avec des vendeurs aguerris. On commence la négociation à 20 par tee-shirt, eux en demandent plus de 100. On y reste un bon moment.

Vincent négocie

Je laisse toujours le commercial négocier, c’est son domaine.

On a donc des tee-shirts et des polos. Mais ça suffit pas, il faut aussi des bermudas. On va donc voir une chinoise qui fume trois paquets par jour. “(voix de Dark Vador) Alors *tousse tousse*, c’est 650 kuais. Combien tu proposes ?” “120.” Bref, on a pas fait affaire. Soi-disant que sa camelote était moins de la camelote que celle du voisin. De la copie de qualité. Mouais. Un conseil : ne passez jamais derrière un groupe d’américains qui payent cash comme des cons. Ils tuent le business.