Quand on pense avoir tout vu…

Nicolas | 26 novembre 2007

Samedi aprèm, je suis allé dans un supermarché pas très loin de chez moi pour trouver de quoi accompagner ma confiture de fraise et mon nutella importé d’Italie pour mon quatre heures.

Je me ballade tranquillement dans les rayons. Ne voyant pas de pain de mie ou de brioches, après avoir hésité un moment, je prends des crackers. Ça me va aussi, j’ai déjà testé. Je commence à partir du rayon, quand soudain j’entends un bruit : “Hep !” Je me retourne, je vois une chinoise ayant la quarantaine, au fond du rayon. What the… ? J’ai rien volé. Pensant qu’elle ne s’adressait peut-être pas à moi, je recommence à marcher.

“Hep ! HEP !”, fait-elle encore. Bon, là je vais vers elle, je stresse un peu. Elle prend ma boite de crackers, elle cherche l’endroit où elle était, et puis elle me montre d’autres boites d’autres marques, bien plus chères et pas forcément pareilles ni meilleures, genre des Tuc : “Tseu gueu, hao. Tseu gueu, hao.” (“Ceci, c’est bien.” Orthographe non conforme.) Je fais une moue de dépit et je me barre enfin du rayon. Je la vois qui va se percher sur l’escalier au fond du magasin pour continuer à m’espionner. Je sens que je vais pas y retourner souvent dans ce magasin.

Ils sont fous ces chinois.

So no one will be here to hold my hands…

Nicolas | 23 novembre 2007

A Shanghai, on n’est pas des rigolos. On ne fait pas les choses à moitié. On n’y va pas avec le dos de la cuillère. Bref, quand on veut boire, on fait les choses bien. Hier soir, c’était championnat de cap’s !

Joueurs de caps

Au départ, deux poules de deux joueurs chacun (j’ai proposé plutôt deux canards, j’aime pas les poules, mais ils ont pas voulu). Tout le monde se rencontre dans sa poule, et les deux meilleurs de chaque poule vont en demi-finale. En demi-finale, ils ont fait encore une poule de quatre histoire de boire plus en faisant trois matchs chacun qu’en en faisant qu’un à élimination directe.

En finale, on retrouve Cédric, bien connu de ceux qui ont tous lu ici (et ils sont rares, je les salue au passage), et Cécile, la coloc de Florian, une pochtronne comme on n’en fait plus (elle m’avait eu presque en cinq coups en poule). Ici, ça se joue à bouteille pleine donc dix coups. La tension est à son comble… ou pas, personne regarde en fait, ça dure trois plombes. Pendant ce temps-là, on se fait des Tuc au delicious de canard que Jean a apporté. Et puis Cédric finit par gagner, qui aurait pu en douter ?

A la base, tout le monde devait apporter un cadeau à deux kuais, et chaque joueur devait repartir avec quelque chose. Moi j’ai apporté un joli cactus sur lequel j’ai flashé chez un fleuriste à côté du boulot (plus cher que deux kuais quand même), Florian a ramené un minuteur qui fait boule à neige et qui joue dix secondes de la même chanson en boucle (très chinois ça), et les autres n’ont rien ramené de spécial (à part Jean, oui, faut pas oublier non plus, c’était bon les toasts, ça accompagnait bien la bière). Donc en gros Cédric a tout gagné, et nous avons dansé autour du minuteur (qui ne s’arrête jamais de lui-même, bizarre pour un minuteur. Pourtant c’est marqué dessus que c’en est un).

Sur ce, je vais aller au boulot, parce que là j’ai plein de travail qui m’attend. On a eu le contrat ! Je vais coder le site chinois d’une multinationale ! \o/

L’appartement est-il hanté ?

Nicolas | 21 novembre 2007

Hier soir, je rentre chez moi. Je suis tout seul. Bertrand devait prendre un avion vers la France vers 23h, il m’a appelé dans la journée pour me dire au revoir. Il va me manquer, le bougre, j’ai passé de super moments avec lui et Tal. Toujours est-il qu’en voyant que le prix des pizza pepperoni en livraison était passé de 10 à 25 kuais, je suis sorti m’acheter de quoi manger dans un petit supermarché juste à côté.

Je rentre, je mange. Je veux aller à la salle de bain. Elle est fermée. Gni ? J’insiste, rien à faire, fermée à clé. Elle était ouverte tout à l’heure. J’aime pas ça. J’ai pas la clé ou du moins je ne sais pas où elle est. Obligé de descendre les 3 étages et d’aller pisser dehors, charmant. Cette histoire m’inquiétait un peu quand même, mais je me dis que c’est juste une serrure chinoise, rien d’étonnant à ce qu’elle buggue un peu.

Et puis ce matin je me lève, je cherche mon sac à dos pour mettre mon ordi dedans. Tiens, y’a un truc dans une des poches. Mon portefeuille. Ouvert. Ah. Avec aucun billet dedans. Peut-être que j’avais tout dépensé dans la bouffe de la veille ? J’ai du mal à le croire. Et surtout, je suis sûr à 95% de ne pas l’avoir mis dans mon sac. La porte d’entrée est toujours bien fermée, ainsi que celle de la salle de bain en fait. Je pars quand même au boulot, pas rassuré du tout, mais laissant quand même mon argent liquide à l’appartement par inconscience.

Ce soir, je rentre, plein de bordel dans l’appart. La chinoise a déjà déménagé ici, et a ouvert la porte de la salle de bain. Y’avait bien sûr rien ni personne dedans, je ne me suis rien fait voler durant la journée. Vaut mieux ça, je crois. Et puis je suis content que la chinoise soit déjà là, je n’aime pas la solitude, et puis j’ai appris à la connaitre et à l’apprécier les quelques fois où je l’ai vue. Demain, journée importante dans la vie de mon entreprise. On y croit. On peut le faire.

Le temple de Jade.

Nicolas | 18 novembre 2007

Il y a maintenant une semaine, avec Bertrand, on s’est fait un dimanche culturel au temple de Jade. Le coin est assez aseptisé, remis à neuf pour les touristes, mais sympa quand même à visiter.

Un chinois prie devant une statue.

Beaucoup de chinois s’agenouillent devant les statues dans les temples, et laissent au passage quelques pièces de monnaie.

Des gens lancent des pièces.

Tous les touristes balançaient des pièces dans l’urne. Tous ? Non, y’en avait au moins un qui les prenait en photo. 

Une statue avec un canard.

Un canard ? Un poisson ? J’ai pas réussi à deviner. Peut-être un mélange des deux.

Bouddha en jade

Un bouddha en jade qu’on n’a pas le droit de prendre en photo. On peut payer des bouteilles d’huile pour qu’elles soient versées je sais pas où.

Bertrand avec de jeunes moines

Bertrand en compagnie de jeunes moines un peu timides. Cela ne se voit pas, mais l’un deux a des écouteurs sur les oreilles. Death métal ou chants d’oiseau, le pari est lancé.

La sortie du jeudi soir.

Nicolas | 15 novembre 2007

J’avais rendez-vous au Mc Do de Wuning Road. Bertrand m’accompagne jusque là, puis me laisse en me souhaitant bonne chance. Je n’avais pas trop d’appréhension, j’avais juste peur de ne pas faire très bonne impression. Et là, alors que je regardais mes pieds pour savoir ce qu’ils pensaient de la situation, si je devais entrer ou pas, je l’entends. “Salut, c’est <insérer ici le prénom qu’il ne vous plaira pas> ! Comment se prononce ton prénom ?”. Nicolas, que je réponds. Faut pas prononcer le s.

J’hésite à me barrer directement. Vite, une solution, c’est pas possible. Non seulement elle ne ressemble pas aux photos de son profil Facebook (on dirait plutôt la fille chinoise cachée de Joey Starr), mais en plus elle a une sale voix, une sale attitude… Le gros lot, en somme. Encore que, elle avait pas tant de kilos en trop, ce n’était pas le coeur du problème. Comme je ne parle pas, elle me demande si je suis timide. A fond, ouais, que je suis timide. Essaye pas de me parler.

Mais finalement, avec elle c’était pas mal. Elle m’a embarqué dans le gymnase d’un lycée où on peut faire du badminton le soir. J’avais vachement de mal à toucher le volant au début, mais mes réflexes de champion sont vite revenus. N’empêche que j’en avais pas fait depuis… Pfiou… La terminale ? J’étais encore jeune et beau à cette époque. Elle avait quand même largement le niveau, elle s’amusait à me faire le coup de l’essui glace tout le temps. Si j’avais pu, j’aurais crâché mes poumons, et plus encore. Mais c’était bien, ça fait plaisir de transpirer un peu.

Terrain de badminton

Des chinois qui font du sport ? Il faut le voir pour le croire. Ils sont doués en plus.

Un vélo pour remplacer le métro.

Nicolas | 10 novembre 2007

Depuis maintenant une dizaine de jours, le boss est revenu à Shanghai, ça fait plaisir. On l’a rejoint lui et Daphné au Logo, lundi soir, avec Florian, après avoir bu la bière gratuite du lundi soir du Zapata’s. Pour fêter ça, j’ai même pris un Long Island, j’en avais presque oublié le gout. Avec eux, il y avait aussi Charles, un français trentenaire qui était à Shanghai depuis trois ans. Il dit qu’il s’en va dans trois jours, qu’il retourne en France parce qu’il n’en peut plus de la Chine. Il me propose de passer le lendemain soir chez lui, vu que je suis intéressé par un vélo, j’en cherche un depuis au moins deux semaines. Marre du métro.

Le lendemain, une fois chez lui, je lui demande si je peux pas prendre d’autres choses. C’est comme ça que j’embarque dans mon sac à dos un kit d’enceintes 2.1 . Je vous raconte pas comment ça fait plaisir de ne plus avoir à supporter le son horrible de l’ordi portable, je revis. Le problème, c’était juste pour rentrer avec ça en vélo. Parce qu’il m’a prévenu. “Tu feras attention aux freins, ils sont usés, faudra penser à les réparer.” Bon, je commence à tenir le vélo à côté de moi sur le trottoir, puis je me décide à l’enfourcher pour traverser une rue. Mauvaise idée. Un taxi arrive, et en effet, les freins marchent pas. Mais je suis encore vivant comme vous pouvez le constater, j’ai même pu faire le reste du chemin presque sans problème.

Le lendemain, à nouveau, je retourne chez lui pour finir le cambriolage. “Tu rentres en taxi ?”, qu’il me demande. Je lui dis que ça dépend de ce que je vais prendre. “T’es à 15 kuais près ? Tu dois pas gagner beaucoup.” Ben non, je gagne rien du tout. Quand je lui ai dit ça, il a changé d’attitude, et il a tout d’un coup voulu que j’emporte le plus que je pouvais, il m’a même dit qu’il pourrait m’inviter à faire du bateau quand je retournerai à La Rochelle. Solidarité entre désargentés, c’est sympa.

A part ça, rien de particulier. Je me suis pointé dans un “Tea House” ce midi pour manger. J’ai essayé de demander un coca. J’ai pas réussi. Alors j’ai demandé un thé. Tsssssaaaaaaaa. J’ai même pointé la tasse de thé du vieux à côté. “Oh, you want a cup of tea ?” Ben écoute, faut savoir, soit tu parles anglais soit tu parles pas anglais, parce que au début j’avais pas l’impression… C’est pas facile tous les jours ici. Le pire, c’est quand j’ai vu l’addition, le thé (eau chaude + quelques feuilles de thé dégueu) valait autant que la pizza.

I need you here tonight, just like the ocean needs the waves.

Nicolas | 4 novembre 2007

Hier, j’étais avec Elle à la plage.

 Elle

(Pour les curieux, voici son blog en chinois : http://user.qzone.qq.com/16376000 )

J’ai cru que ce jour n’arriverait jamais, et pourtant, elle était là. Il a fait super beau, alors que je m’étais habillé comme si on était en hiver. Ce n’était pas une vraie plage, c’était la plage artificielle de Fengxian à deux heures de bus de Shanghai. Elle s’est foutue de ma gueule à moitié quand elle a compris que c’était là que je l’emmenais en fait, et que je lui avais parlé de plage… Enfin bref. C’était bien quand même. On s’est fait un resto, on s’est balladés sur la plage, j’ai pris plein de photos d’elle (elle aime être photographiée, elle en joue). Et puis la journée s’est terminée, elle m’a dit dans le métro juste avant de partir en gros que fallait pas que je sois triste, qu’on pourrait se revoir. Si seulement. Je n’y crois plus.

Une partie de la plage

On a fait du cheval aussi, au pas, les chevaux étaient tranquillement trainés.

Aujourd’hui je me lève, pas très motivé, mal dormi. J’ai quand même voulu aller rechercher mon costume à Lujiabang Road au fabric market. Une fois sur place, j’ai voulu manger avant, alors je suis allé dans un petit restaurant où on mange bien et pour pas cher. J’y ai rencontré un canadien qui s’est joint à mon repas, un prof d’anglais qui a passé deux ans en Chine mais seulement deux semaines à Shanghai avant de rentrer au Canada. Sur la photo qui suit, y’a aussi un couple de chinois, le gars parlait un peu anglais, il a fait des études d’informatique dans sa jeunesse mais l’histoire ne dit pas s’il travaille dans ce domaine.

Le fameux canadien

J’ai pas tout compris sur le moment, mais j’ai cru comprendre que le canadien voulait se bouger après le repas. Il m’a dit de le retrouver en bas de son hotel une fois que j’aurais récupéré mon costume. Je suis allé attendre un peu à l’extérieur de l’hotel, mais j’avais pas envie de rentrer, et surtout j’étais tellement fatigué que je préférais rentrer tout de suite. Désolé pour lui, mais j’ai pris le chemin du retour, avec au passage une petite escapade au parc près de People Square (j’ai plein d’amis à People Square, c’est dingue, ils m’appellent tous pour que je vienne leur parler).

Parc de People Square

Le week-end est fini. Il me reste deux mois et des queues de vaches à vivre ici.