Heart Of Shanghai

Because my heart stands right here. Neither heaven nor hell… Here.
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Living is easy with eyes closed, misunderstanding all you see.

Nicolas | 31 décembre 2007

En ce moment, je suis dans ma période Beatles. J’écoute ça le soir dans le métro depuis que Tal m’a filé des albums, ça me rappelle l’époque où ma soeur écoutait l’un de leurs disques que ma mère avait acheté dans sa jeunesse. Plus le temps passait et plus le tourne disque allait lentement, rendant cette chanson encore plus psychédélique qu’elle ne l’est. J’en ai gardé un excellent souvenir, et après toutes ces années, elle reste ma chanson préférée de tout leur répertoire.

Ce soir, plusieurs filles m’ont regardé dans le métro : les Beatles, ça rend beau. (Mais ne venez pas vous plaindre si ça ne marche pas avec vous, ça ne fait pas de miracles non plus.)

En parlant du métro, n’ayant pas pris mon vélo aujourd’hui (partant à 9h pour être au boulot à 9h, valait mieux faire vite), je m’y dirigeais donc ce soir sans vergogne. Et sur la rue de Nankin, qui traverse tout Shanghai, j’ai eu le loisir de voir des photographes à l’oeuvre. J’ai trouvé ça plutôt étrange, le périmètre n’était pas du tout limité et le décor ne se prêtait pas à grand chose. J’ai eu envie de me mettre au milieu des photographes et de prendre la fille en photo, comme j’ai pu déjà prendre un couple de mariés en photo à Guilin, mais j’ai préféré prendre la scène.

Photographes

Il faut avouer que la fille avait un joli minois, mais elle ne savait pas aligner trois pas. Sans doute une débutante. Une femme qui était sans doute l’assistante est venue l’aider pour lui montrer comment faire. Avec le froid qu’il fait en ce moment, ça ne devait quand même pas être si facile.

Quand je suis rentré, y’avait Frange. Je lui demande si c’est intéressant ce qu’elle regarde à la télé. “Interes… ?”. Ah ok. J’veux dire, est-ce que c’est bien ? “Oui. Il chante.” J’avais vu. Toujours est-il que l’autre coloc chinoise a déjà mis une annonce pour ma chambre que je vais bientôt quitter. Je veux pas cafter mais le loyer augmente de 25% le 10 janvier apparemment, l’inflation est vraiment énorme en Chine.

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Un mystère encore résolu.

Nicolas | 27 décembre 2007

La Chine n’aura bientôt plus de secrets pour moi. Après avoir découvert que le thé servi dans les restaurants n’en était pas en réalité (ils font tremper des graines dans l’eau du Huangpu), j’ai découvert un nouveau secret capital.

Je discutais tranquillement sur MSN avec Richard, un Chinois qui étudie le dessin et le commerce, avec qui on avait fait connaissance dans un resto (il avait la lourde tâche de comprendre ce qu’on voulait commander, il faisait serveur comme boulot d’été). Lui, comme d’autres Chinois avec qui j’ai déjà discuté auparavent sur Internet, disait de temps en temps “hehe”. Pour moi, “hé hé”, c’était très compréhensible, mais je trouvais ça bizarre quand même venant d’eux. Et là, Richard crâche le morceau. “I’m sorry. “He he” is in Chinese. It means smiling. When I talk with my friend with QQ, we always types “呵呵” like that.” (Après, il a voulu voir mon QQ, me suis pas laissé faire, je le montre pas à n’importe qui.)

C’était donc ça. Il y a des caractères chinois pour hehe. La version chinoise de “mdr”, et autres “lol”. A quand des caractères pour “dtcbpafadoag” ? Peut-être dans dix ans, diront les mauvais langues qui pensent que les Chinois ont 10 ans de retard dans tous les domaines. (Y’a qu’à voir le remix chinois de “Dragosta Din Tei” qui passe au resto coréen, avec “Hélène, je m’appelle Hélène…”.)

Ils ont beau être fous, ils sont marrants ces Chinois quand même.

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Un jour comme les autres.

Nicolas | 25 décembre 2007

Aujourd’hui, 25 décembre. Tal a pris l’avion ce matin. Je sors dehors acheter des viennoiseries à la boulangerie “Croissants de France” qui est à deux pas de chez moi. Tout le monde travaille aujourd’hui, tous les magasins sont ouverts, y’a autant de bruit dans la rue que les autres jours. Ici, noël, c’est juste un délire de bourgeois qui ont de l’argent à perdre en déco et en cadeaux dans les magasins qui recèlent de produits chers à destination première des étrangers. Mais beaucoup de chinois deviennent maintenant plus riches que les étrangers, et plus la Chine ressemblera à un pays occidental, et plus ils seront contents.

Hier soir, quand même, pour le réveillon, je me voyais pas rester devant le pc à l’appart. J’ai motivé ma coloc chinoise à se bouger avec Frange (je ne sais plus si j’en ai déjà parlé, une amie à elle qu’on appelle Frange parce qu’elle a une frange, on lui a dit qu’en fait ça voulait dire pareil que “sister” (frangine) donc on l’appelle Xiao Frange (Xiao voulant dire petit, mais servant à des surnoms affectifs)), on a rejoint Tal en QQ (minuscule voiture chinoise) à Xujiahui qui essayait de refiler ses derniers yuans dans un centre commercial.

A l’extérieur, on essayait de prendre des photos, y’a une mendiante qui est venue demander de l’argent. “C’est parce que t’es là qu’elle est venue !”, que ma coloc me dit, agacée. “Ouais, désolé d’être un étranger. Je devrais peut-être m’acheter un masque.” Et des lunettes de soleil, elle me dit. Paye ton expédition pour sortir dans la rue. Faudrait aussi que je vire mon manteau en cachemire, ça arrange pas les choses.

On pensait aller au resto direct, mais le temps que Tal se décide, le temps qu’il glande à jouer au piano dans un magasin de musique, qu’il réponde au téléphone à la place des employés dans un magasin, finalement il était déjà 22h. On a été manger dans un resto japonais tout en bas du centre commercial. Pas de sushis et compagnie, c’est un resto genre Ajisen, spécialisé notamment en noodles. Quand j’avais regardé les autres restos dehors, ils étaient tous pleins, quand même. Mais comme un samedi. Les chinois passent leur vie au resto, ils ont raison, c’est pas cher ici même pour eux.

En sortant, on voit des petits chiots en vente dans une boite en carton. Tal en prend un, joue avec, lui fait des câlins. Moi ça me fait trop mal de les voir comme ça, et pourtant, je rêverais d’en avoir un. Une chinoise s’imisce (on a rien demandé) pour nous dire le prix du vendeur en anglais : 28 euros. C’est plus cher qu’un lapin nain, mais on peut sûrement négocier…

J’espère que vous, vous avez passé un noël comme les autres, avec du foie gras, la famille, et de la bonne humeur. Joyeux noël à tous, bonne année, et à bientôt en France.

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Les stages, c’est bien. Les rapports de stage, c’est mal.

Nicolas | 16 décembre 2007

1h… J’ai pas sommeil.

2h… J’ai pas sommeil.

3h… Rhaaa, veux aller dormir.

4h… Saleté de rapport de stage, pourquoi je l’ai pas fait plus tôt ?!

Toujours le même refrain.  Vivement la fin de ma scolarité.

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Au revoir Caro.

Nicolas | 15 décembre 2007

Depuis trois jours, j’ai la crève. Je faisais le malin à ne pas mettre de pulls des fois, à venir au boulot en vélo, mais voilà, ça a fini par arriver. Du coup, je pensais rentrer juste après le boulot, mais je finis par apprendre quelque chose. “Ce soir, on doit partir à 7h15 pour dire au revoir à Caro”, se décide à dire Florian à Daphné. Mince, elle s’en va déjà ? Tout le monde devrait partir le 10 janvier, ou pas avant…

Repas d’adieu au Burger King. Tous les repas d’adieu sont au Burger King, c’est une tradition. Pas de whooper pour moi, j’ai pris un long chicken, qui était bon aussi. On était 8 à avoir pu venir : moi, Jean, Florian, Maria, Cédric, Juliette, une amie de Caro qui est là en vacances, et donc Caro. En attendant de n’être plus que 7.

Juste avant de prendre un taxi, elle nous a dit au revoir individuellement. Si je me rappelle bien, elle m’a dit quelque chose comme ça : “Nico, j’ai été contente de te rencontrer. Tu m’as bien fait rire. Sisi, j’t'assure ! Et puis fais pas attention aux gens, tu t’en fous… Profite bien.”

L’histoire ne dit pas si elle a eu son avion ce soir là car elle était presque en retard pour l’avoir. Toujours est-il qu’elle va laisser un grand vide ici, comme ont pu le faire d’autres avant elle. A Shanghai, les gens sont de passage.

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Le temps joue contre nous, tu sais.

Nicolas | 10 décembre 2007

10 décembre. Dans un mois, je m’en vais, le compteur est lancé. J-31.

Des poules, et... Des canards.

Ça me cloue le bec !

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Back To The Future

Nicolas | 8 décembre 2007

Hier soir, je voulais pas y aller. Soirée roller ? Je sais pas en faire. 15 euros ? C’est cher ! Open bar ? Bon, pourquoi pas, en fait. J’ai suivi le mouvement.

C’était donc une soirée “Roller Revival” dans un grand endroit où j’avais encore jamais été, assez éloigné du centre ville. Y’avait une piste de roller, une salle avec le bar, et une salle avec une piste de danse avec des tables sur le côté. Niveau ambiance, c’était années 80 à fond. Disco à volonté, gens déguisés, on se serait vraiment cuit cru aux states à cette époque, j’avais l’impression de faire parti du casting d’un film. Je sais pas où ils ont trouvé leurs fringues les gens. Y’avait 99% d’étrangers, pas le bon soir pour ramener une chinoise. (Cédric en a quand même trouvé une alors que d’hab il va voir les étrangères dans des bars plein de chinoises, tssk. J’aime pas être jaloux.)

A un moment, je vais au bar, je demande au gars un vodka lemon. On change pas une recette qui gagne. Il prend une bouteille de vodka dans chaque main, il verse. Le verre se remplit. Et à la fin, il met deux rondelles de citron dedans. Je vous rassure, j’ai pas pu le boire. Un moment plus tard, le gros malin ne voulait pas me servir de vodka orange parce qu’il n’avait plus de vodka… Je l’ai engueulé, il m’a mis les fonds de bouteille. J’ai pas fait attention aux signes. C’était le verre de trop.

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I’ll start this broken heart, I’ll fix it up, so it will work again, better than before.

Nicolas | 5 décembre 2007

C’est bientôt noël, ici aussi. Au Mc Donald, les serveurs ont droit à un bonnet rouge. Quant au restaurant portuguais, il a été envahi par les guirlandes et le traditionnel fake sapin de noël fait avec amour. (Amour, ça rime avec abat-jour.)

On est arrivés après 13h, en vélo. Le vélo à Shanghai c’est bien, à tel point que presque à chaque fois que je prends le mien, je fais du rab. Je prends pas le chemin le plus court, trop simple, ou alors je fais semblant de rater là où il faut tourner pour continuer un peu ma ballade, faut dire que ça fait du bien de temps en temps, ça décrasse les poumons. Des fois quand t’essaye de rentrer chez toi après minuit et que tu vois rien, que les taxis encombrent les pistes cyclables, c’est le pied.

Le restaurant portuguais, c’est un bon endroit pour retrouver ses racines de laowai. “Uptown Girl”, “Let it be”, et bien d’autres tubes passent en boucle. Enfin, je dis ça, surtout pour la chanson “Hips don’t lie” des Black Eyes Peas. Elle ne faisait que de rembobiner, on savait pas pourquoi. Daphné en a parlé au manager, apparemment il a dit qu’ils allaient bientôt passer des musiques de noël. Rassurant.

Le manager a discuté un peu avec nous en anglais, enfin j’veux dire Daphné lui a parlé, mais en retour, on comprenait rien. Il nous a donné sa carte de visite, des fois que je voudrais lui envoyer un mail pour lui demander la recette du hot dog de ce midi, ou connaitre le menu en avance. Mais moi, sa carte, elle m’intéressait pas ! Je voulais celle de ma serveuse. Oui, c’est la mienne, d’abord. Depuis que je l’ai prise en photo à ma première venue, je n’ai d’yeux que pour elle à chaque fois que je viens. Des fois elle est indifférente, et là j’lui fais, “si c’est comme ça, j’vais remplir mon assiette de légume au buffet, faut pas croire que j’en ai quelque chose à faire de te voir, c’est pas comme si je demandais chaque jour à venir manger ici juste pour tes beaux yeux”. Des fois, elle est de super bonne humeur, elle sourit, avec un petit air de caniche que lui donne ses longs cheveux bouclés. Mais aujourd’hui, mademoiselle était en costume, pas en chemise ou en polo comme les autres serveurs. Mademoiselle a du être upgradée en manager. Mais pourquoi c’est pas elle qui est venue nous voir pour nous donner sa carte ? Je ne perds pas espoir, un jour je l’aurai, quitte à aller lui demander.

Dans la vie, il faut avoir des rêves pour nous permettre d’avancer. Courage à tous ceux qui essayent de les suivre, je leur souhaite de mener le bon combat et de ne pas s’éloigner de leur chemin.

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Un samedi parmi d’autres.

Nicolas | 2 décembre 2007

J’étais avec Tal, il était midi passé. Il avait besoin d’aller chercher des costumes au fabric market, j’avais besoin d’une excuse pour ne pas faire mon rapport de stage. Je lui ai dit que j’allais me faire confectionner des chemises sur mesure (encore que, confectionner, je l’écris des fois mais je ne le dis jamais). J’avais envie de revoir la cuisinière du petit resto pas loin, tu vois, celui qu’est clinquant comme la cuisine de ta maman. Là-bas, je me sentais comme chez moi. Et Dieu sait à quel point ça me manque des fois de pas être chez moi.

On descendait les escaliers de la station de métro de Zhongshan Park pour aller sur la ligne 2. Là il me fait remarquer une fille. Je ne lui avais même pas accordé un regard à cette fille, pourtant. Imagine un peu : elle avait une casquette blanche d’hiver rembourrée, genre imitation de poil de lapin, avec le sac à main assorti. Une veste marron et un pull bleu. Un jean tellement délavé qu’il tirait sur le blanc. Des cheveux décolorés marron clair, avec des rajouts d’une couleur différente. J’ai pas de photo, je te laisse imaginer. Un désastre vestimentaire à elle seule.

“Mais si elle est mignonne”, qu’il me fait. Curieux de nature, aussi discret qu’un loup sur une banquise (quelle idée de chasser le pingouin…), je la regarde plus attentivement. C’est qu’il a raison le bougre. Elle est carrément jolie, quand on fait abstraction du reste. On l’a regardé tous les deux en attendant le métro, elle s’est retourné, nous a regardé, et nous a même souri. Je crois que c’était le plus beau visage que j’ai vu jusqu’à maintenant à Shanghai. Et pourtant, des jolies filles,  j’en ai vu ici. Et des yeux…  Mais elle n’est pas venue nous voir. En même temps, je tombe amoureux chaque matin en prenant le métro, faut bien l’avouer, et je me dis ça à chaque fois. J’ai maintenant une nouvelle raison pour apprendre le chinois : dire aux Chinoises quand elles s’habillent mal.

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