The devil in my mind, why can’t he go home ?
Nicolas | 29 avril 2008J’y ai cru. J’y ai cru très fort. Faut dire que ça avait plutôt bien commencé. Elle avait sympathisé avec ma coloc chinoise, son amie flirtait avec le suisse, on s’était fait un repas tous ensemble autour de la grande table un lundi soir, je pensais passer vraiment de bons moments ici.
Et puis le vent a tourné. Après que l’amie ait refusée de sortir avec le suisse pour cause de dépression à cause de son ex (qui était suisse), celui-ci a commencé à sortir dans des clubs, à ramener des filles d’un soir. Depuis, il fume la chicha tous les soirs devant un dvd avec l’allemand dans le salon, il me regarde d’un air méprisant quand on se croise. Avec l’allemand, ils parlent toujours leur langue natale, qu’on soit là ou non, je suis certain d’en avoir pris plus d’une fois pour mon grade sans le savoir.
Je me rappelle encore lui avoir dit que ça serait sympa qu’on partage le papier toilette, qu’il en achète la prochaine fois plutôt que ce soit toujours moi. Il était d’accord. Alors non seulement maintenant il garde son propre rouleau dans sa chambre pour pas que je l’utilise (l’allemand a la réserve), mais en plus un matin il a mis un magnifique papier sur le frigo : “Thank you for drinking all my milk !!!” avec des points d’exclamation de la taille de la Jin Mao Tower, après que ma copine en ait bu deux matins de suite dans savoir que c’était pas le mien. Bien sûr, mon cappuccino qui a disparu, c’est la faute du chat. C’est toujours la faute du chat. Du moins ça le serait si on en avait un.
Mon passage préféré, c’est quand il fait pleurer ma coloc chinoise. Enfin, plus exactement, mon ex-coloc. Elle avait déjà prévu de partir, mais deux jours avant son déménagement, il lui a jeté tout ce qu’il pouvait à la figure, sans jamais lui avoir adressé un seul reproche avant, en répétant les mêmes choses à la proprio, qui laquelle pense du coup que la chinoise était une mauvaise coloc. Trop classe. Un singapourien super sympa l’a remplacée temporairement, en attendant un français.
Alors voilà, je dis du mal mais je ne fais rien. Parce que je veux récupérer ma caution et que je sais qu’il est dangereux, lui et son pote allemand en fait. Parce que lui aussi me déteste certainement, moi et ma copine, et que toute intervention de ma part sera mal interprétée même si elle est justifiée. Alors j’attends. Les germanophones se barrent à la fin du mois de mai. En attendant, je dois serrer les dents, me dire que finalement ils me gâchent pas tant que ça la vie, et que peut-être c’est pas tant que ça des connards. Mais bon sang, un mois, c’est long. Plus jamais de colocation pour moi, plus jamais, je préfère encore vivre seul dans un trou à rat que de rentrer chez moi et de ne pas me sentir chez moi, justement.






