Une vie en Asie

Nicolas | 21 décembre 2008

En 1937, les débuts de la guerre entre le Japon et la Chine se font sentir. C’est pour couvrir ces événements qu’est envoyé sur place Robert Guillain, journaliste de l’agence Havas (devenue AFP). A l’époque, pas d’avion, il lui faut plusieurs jours de train en passant par la Russie pour rejoindre Shanghai, et le début d’une grande aventure.

En Chine, il aura connu l’invasion japonaise à Shanghai, les années d’après Mao, ses différentes transformations à travers des voyages où il aura su éviter la propagande communiste pour se faire ses propres idées, tout en soutenant les qualités du peuple chinois. Au Japon, il aura connu la Seconde Guerre Mondiale, étant bloqué là-bas plusieurs années, avec son oppression militaire et ses maisons en bois, ainsi que la reconstruction. Au Vietnam et en Corée, il aura connu cette fois la guerre.

C’est un ami qui me l’a conseillé l’été dernier, et c’est en ami que je vous le conseille si vous êtes un tant soit peu intéressé par l’Asie. Passionnant de bout en bout, il m’a permis également d’apprendre l’Histoire de l’Asie, celle qui n’était pas dans mes manuels scolaires. J’ai dû le commander sur Priceminister étant donné l’édition assez ancienne, mais il doit rester trouvable.

Robert Guillain – Orient Extrême (Une vie en Asie)

Robert Guillain - Orient Extrême

On nous attaque !

Nicolas | 20 décembre 2008

Au début, je croyais à un bombardement. Quoi, on attaque Shanghai ? J’ai regardé par la fenêtre, j’ai rien vu de particulier, je ne pouvais pas imaginer d’où venaient ces bruits d’explosion, accompagnés de tremblements dans tout l’immeuble.

Et puis aujourd’hui, quand je suis rentré chez moi en fin d’après-midi, j’ai compris. Depuis que les ouvriers ont creusé la route (je ne sais pour quelle raison), des plaques de tôle ont été mises par dessus pour laisser quand même passer les voitures. D’où les bruits énormes à chaque fois que passe une voiture…

Ma voisine est une actrice.

Nicolas | 17 décembre 2008

Mais non… Je dis pas que son copain est pas doué, ou qu’il se pourrait qu’il soit pas avantagé par la nature parce qu’il est Chinois, jamais j’oserais dire ou penser ça. Je suis pas jaloux non plus.

Mais quand même, faudrait qu’elle arrête. A chaque fois qu’on l’entend, que ce soit le soir ou le matin, on a l’impression qu’un animal est en train de se faire égorger dans l’appart d’à côté, sans déconner. Alors t’es gentille et tu laisses les gens dormir quand ils en ont besoin… C’est ce que je lui dirai si je la croise un jour dans l’escalier.

Me manque juste deux ou trois mots de vocabulaire.

Quand belle-maman a fait le déplacement.

Nicolas | 15 décembre 2008

Je vous avoue, j’avais pas envie de venir vous parler aujourd’hui, même si je ne viens pas souvent. Mais voilà : j’ai commencé à écrire une histoire. C’est même le prologue d’un fabuleux roman, qui fait une centaine de mots. Et tout d’un coup j’ai commencé à paniquer : quand est-ce que je trouverais le temps pour finir cette histoire ? Est-ce qu’elle ne va pas rester indéfiniment sur mon disque dur, gâchée car non lue par des lecteurs autres que moi ? Alors qu’au moins, quand j’écris sur ce blog, y’a bien un ou deux lecteurs.

Alors je commence. Il y a quelques semaines (plus d’un mois en réalité, j’ai trop de retard dans mes news, ma vie est palpitante), belle-maman est venue à Shanghai. Je redoutais pas sa venue plus que ça, mais les heures qui ont précédées sa venue ont tout de même contribué à une augmentation de ma tension. J’étais préparé, je m’étais déjà entraîné à dire “nin hao, renshi nin wo zhen gaoxing” (bonjour, ravi de vous rencontrer) à la femme de ménage qui avait été touchée par mes efforts.

Tiens, la voilà qui arrive. Elle a l’air gentille. Elle a changé de coiffure pour l’occasion, ça lui va bien. Ma copine me présente, elle me regarde à peine, du coup je ne dis rien. Tant pis. Je garde le sourire sous anesthésie. On prend un taxi pour rentrer de la gare.

Pendant le week-end où elle est restée, ça a été un peu comme ça tout le temps. Moi ne pouvant communiquer, elle un peu distante. Mais elle était sûrement autant intimidée que moi. Elle s’est souvenue du moment où je lui avais proposé du thé (des mois d’apprentissage du chinois pour en arriver là). Elle a voulu m’aider quand je me suis cassé la gueule en courant après un bus (ça m’apprendra à sortir sans mes lentilles de contact par temps de pluie). Elle m’a payé l’écharpe que je voulais m’acheter. Elle m’a mieux traité que sa fille, qui en était presque jalouse. Elle lui a même dit de pas bouder après moi pour des choses sans importance. “Dis lui que je l’aime bien”, elle a dit au passage (je ne l’ai su qu’il y a quelques jours).

En bref, plutôt un week-end tranquille. Je lui ai dit par interprète interposé qu’elle pouvait revenir quand elle voulait. Et maintenant, je suis invité à passer le nouvel an chinois dans la famille, avec les grand-parents, les tantes qui vont passer, etc. Trop bien. Et mi-janvier, je suis aussi invité à un mariage. Je deviens un peu plus chinois chaque jour.