Mon premier mariage chinois
Nicolas | 23 janvier 2009Les jours passent. Vite ou pas, ils passent. On se dit qu’il y en a plein qui suivent, alors on se dit, tiens, je raconterais bien ça sur mon blog, mais j’ai des trucs à faire avant. Et puis après, quand les souvenirs s’effacent, on se dit que non, ça valait pas la peine d’être raconté. Et les jours qui suivent, les idées d’articles disparaissent lentement, jusqu’à laisser un blog sans mise à jour depuis plus d’un mois.
Mais toutes les choses, bonnes ou mauvaises en fait, ont une fin, alors me revoilà. Bonne année à ceux à qui je l’ai pas dit ! Et comme l’a souligné PE, ici la vraie nouvelle année, c’est le 26 janvier (moi, le 31 décembre, j’étais devant la télé). On va quitter l’année du rat, mon année, qui n’aura pas été décevante, pour rejoindre l’année du buffle, qui symbolise le travail. Ca tombe bien, j’ai embauché dans ma nouvelle boite lundi, du travail je vais en avoir.
Mais si j’ai rechaussé les crampons, c’est pas pour vous baratiner, c’est pour vous raconter l’événement du mois de janvier, le mariage d’une colocataire de fac de ma copine. Alors, musique maestro.
Dès 8h du matin, on part de la gare de Shanghai, direction Changzhou. C’est pas si loin, 1h30 de train, un peu comme Poitiers – La Rochelle, certainement quelques millions d’habitants, et autant de paires d’yeux qui n’ont pas l’habitude de voir un français.
Comme on avait du temps à perdre, on a été faire les magasins, c’était les soldes. Des gens attendaient frénétiquement l’ouverture du magasin, même le papy dans son fauteuil roulant. Etant venu en costard, je me suis décidé à m’acheter des chaussures noires pour aller avec, tant qu’à faire. J’ai un peu regretté cet accoutrement quand j’ai vu qu’en dehors du marié, j’étais quasiment le seul à être en costard. Tant pis, on a la classe ou on l’a pas.
Alors, à quoi ça ressemble un mariage chinois ? A la même chose qu’un mariage français, du moins de ce que j’ai pu en voir, à deux-trois détails près. On arrive, on dit bonjour au couple qui va se marier (la mariée souffle au marié “nice to meet you”), on va s’asseoir à la table qu’on nous a attribué. Le resto est grand, super classe (hormis le grand coeur avec Mickey et Minnie sur le mur du fond), ils ont mis les petits plats dans les grands. Il y a une estrade où la cérémonie se passe, les discours, le remerciement aux parents de les avoir élevé, l’échange des alliances, le remplissage de la fontaine de coupes de champagne. La mariée commence par une roble blanche, elle en changera par la suite à plusieurs reprises pour d’autres styles et d’autres couleurs, correspondant à d’autres moments du repas.

Comme je ne pouvais pratiquement pas communiquer avec mes voisins de table, à la place, je mangeais. Et c’était pas mauvais. Des plats sophistiqués, bien présentés, sur un plateau tournant en verre pour que chacun puisse se servir, à la chinoise. J’ai goûté pratiquement à tout, il n’y avait pas ou peu de bizarreries du genre des pieds de poulet. J’ai levé mon verre de vin (les autres avaient tous du jus d’orange) pour dire “gongxi gongxi” aux mariés (“félicitations”), je leur ai dit qu’ils étaient les plus beaux. Souhaitons leur tout le bonheur possible.
On apprend que le couple d’en face qui a l’air de s’ennuyer va se marier en mai. On nous demande, “et vous c’est pour quand ?”. Les mariés se connaissaient depuis six ans, ça nous laisse de la marge.
En France, on repart avec des dragées. Ici, on repart avec des gauffrettes genre Kit-Kat sans un beau paquet, et des oeufs cuisinés sous vide (apparemment les oeufs signifient l’arrivée d’un enfant, le nombre d’oeufs désignant si c’est un garçon ou une fille, mais ici c’était juste pour le mariage). Bref, arrivés après 11h, le repas ayant commencé à midi tapante, on est reparti à 14h. Emballé, c’est pesé. On dit au revoir aux parents des mariés qui sourient comme des enfants, on dit au revoir aux mariés. Merci pour tout, on reviendra vous voir, c’est promis.






