Il y a des endroits dont je me souviendrai toute ma vie…

Nicolas | 23 février 2009

Les uns après les autres, les magasins et restaurants de l’ancienne Wujiang Road sont emmurés, pour faire place bientôt à des bâtiments neufs en vue de l’Expo 2010. (Oui, vous avez bien lu, pas seulement fermés mais emmurés, c’est la coutume ici.) Il y a environ un an plus tôt, le 22 février 2008 pour être exact, nous étions partis diner dans un restaurant de cette rue assez mythique pour le nombre de bières consommées dans ses murs.

Une semaine plus tôt, le 16 février, je fêtais mes 23 ans… Tout seul. Disons que j’avais invité des gens à venir le fêter avec moi dans un restaurant japonais, et au final un seul gars avec sa copine est venu. J’ai apprécié son geste, mais je lui ai dis que c’était mieux de pas rester, et je suis rentré déprimer chez moi. J’ai jamais aimé les anniversaires. Toujours est-il que le 22 février, j’ai quand même accompagné ces gens que je ne considérais plus tant que ça comme des amis, parce que je ne connaissais personne d’autre à Shanghai.

Dans le taxi pour y aller, je fais la connaissance d’Echo, une jolie chinoise dont j’avais déjà entendu parler. Elle me plait beaucoup. Je fais genre je suis sympa et tout, j’essaie de bavarder. Je la mène avec son amie au restaurant, à l’étage. A peine on arrive qu’on nous met un verre de bière dans la main : surprise, c’est l’anniversaire de Mister Lu ! Un jeune cuisinier, travaillant dans un autre restaurant, qui vient fêter ça ici. Il nous connait pas, mais c’est pas grave : plus on est de fous, moins y’a de riz.

Elle avait failli ne pas venir, étant très fatiguée. J’aurais pu ne pas lui adresser la parole de la soirée, en temps normal, si on n’avait pas partagé ce taxi. Il a fallu un peu d’audace aussi. Et puis il y aurait pu ne pas y avoir l’anniversaire de Mister Lu, avec des bières en veux-tu en voilà. Sérieusement, il fallait réunir beaucoup de choses pour que la magie opère. Et ce soir là, un nouveau couple s’est formé, et ne s’est plus quitté. Un an déjà. :)

La salle de gym

Nicolas | 20 février 2009

Un mercredi soir, ma copine me dit : “Je veux m’inscrire à une salle de gym.” Le lendemain, je donnais avec fébrilité ma pauvre carte de crédit qui ne méritait pas ça, pour pouvoir faire du sport avec elle (et surveiller que de beaux garçons musclés ne l’approchent pas è_é).

Cet endroit m’a rappelé l’épisode de How I Met Your Mother où ils se motivent pour perdre leur ventre à bière, et arrêtent au bout de trois jours. Mais moi, je tiens bon, faut dire que je force pas. Je cours tranquillement, je mate un peu à droite à gauche les minettes en train de suer, je fais quelques abdos… Finalement j’aime bien, ça ressemble pas tant que ça à l’enfer.

Je vais vous raconter comment ça se passe. D’abord, y’a les vestiaires. Tous les gars se baladent la bite à l’air, la fleur au fusil, sans complexe. Tous ? Non, l’irréductible gaulois que je suis se met une serviette autour de la taille, pudique comme pas deux… Et puis je suis pas le seul en fait, j’ai vu d’autres laowai faire pareil, ça doit être une marque de fabrique chez nous.

Moi, ce que j’aime bien ici, c’est qu’il y a aussi deux salles de cours. Tu viens si t’as envie, c’est open lesson. Le premier cours auquel j’ai assisté était un cours de yoga. La prof était disons… Assez alléchante, j’aurais bien testé d’autres positions en privé avec elle, si je n’étais pas déjà casé. Toujours est-il que c’était assez épuisant, et ce n’était pourtant qu’une introduction au yoga. La prof parlait anglais mais me donnait juste quelques conseils, pour tout le reste j’ai dû regarder mes voisins.

Après, on a essayé un autre type de yoga, le flow yoga. Pour ce cours, il y a un autre prof, le plus zen de tous les chinois. Il a des vêtements de moine (à peu de choses près), de la musique de relaxation, et un corps en plastique qu’il peut mouvoir à son aise. Et il croit que pour tout le monde c’est pareil. Marcher sur les mains, mettre ses jambes derrière la tête, c’est presque devenu le quotidien de ses leçons. Aujourd’hui j’étais content, y’avait un chinois encore moins souple que moi…

Sinon, on a essayé la “coy boy dance”, avec ici le plus gay de tous les chinois. Un marcel blanc, un déhanché ambigue, et le rythme dans la peau. Ca m’apprendra à suivre ma copine dans tous les cours où elle va… Heureusement le calvaire n’a pas duré, l’emploi du temps n’était pas bon, on n’a assisté qu’à la fin du cours.

Et puis on a essayé le tai ji aussi, le prof avait l’air d’un vieillard avant l’heure, et que des cinquantenaires ou presque assistaient au cours, comme s’ils n’étaient inscrits à la salle de gym que pour ça. Et je vais m’arrêter là parce qu’il est l’heure d’aller dormir… Tchao les copains.

La grande illusion

Nicolas | 18 février 2009

Cela fait déjà un mois que j’ai changé d’entreprise. Je commence à me faire à ce nouvel environnement hostile, à me dépêtrer de Joomla et de Jquery, à connaître un peu mes collègues.

Lundi, pendant que je mangeais avec le manager et un autre collègue, ils ont évoqué une histoire qui est arrivée à un ancien stagiaire. Comme je suis un peu curieux, j’ai demandé à en savoir plus. Le collègue nous a tout raconté.

C’était donc un ancien stagiaire danois qui a passé quelques mois en Chine. Il décide de ne pas rester plus longtemps, peut-être doit-il finir ses études au Danemark, je ne sais pas. Toujours est-il qu’il avait une copine chinoise, et qu’il l’a faite venir chez lui, au Danemark. Les premiers jours, tout se passe bien. Il l’a présentée à sa famille, ses amis, tout ça… Et donc trois jours après l’arrivée de la jeune fille, à un moment, elle ouvre la porte de la maison pour sortir, sans prévenir, et elle se barre en courant. Le pauvre ancien stagiaire la voit disparaitre au bout de la rue, sans pouvoir faire quelque chose. Il ne l’a plus jamais revue.

Je dois dire que ça m’a fait un peu froid dans le dos d’entendre ça, je peux même pas imaginer l’étonnement et surtout la peine qu’il a pu avoir. Moi au moins je suis rassuré, ma copine veut rester en Chine toute sa vie. \o/