Si j’avais su…

Nicolas | 31 décembre 2009

Aujourd’hui, quelque part au bord de la rivière Suzhou, dans un loft-bureau à deux étages super bien décoré avec terrasse au soleil, salle de lecture, salle à manger et billard.

A peine arrivé, on m’emmène dans la salle de lecture ou il y a une petite table. On m’apporte un formulaire à remplir en une heure, je ne m’y attendais pas. “On te rappellera d’ici quelques jours, suivant le résultat,” me dit la fille.

15 pages, ouch. Je commence. “Quelle est la différence entre == et === ?”. Tout de suite, ça te met dans le bain. Je réponds à quelques questions, et le niveau ne faiblit pas. “Qu’est-ce qu’un singleton pattern ? Faites un schéma UML du MVC pattern.” Autant vous dire que je commençais à déprimer, ce genre de trucs ça remonte au BTS, et déjà à l’époque ce n’était pas mon point fort. “Quelle est la différence entre une interface et une classe abstraite ?” Je passe.

Le meilleur, c’est quand j’arrive à la partie sur Linux. “Comment détecter ce qui ne va pas sur le serveur quand une application ralentit ? Citez les commandes Linux à utiliser pour cela.” Sans oublier : “On a 5 serveurs web et une application à faire tourner, dessiner le schéma de l’architecture.” Là, j’étais complètement blasé.

Et puis pendant le mini-entretien préliminaire, j’ai dit que je voulais changer d’entreprise notamment à cause de mon chef, alors que je prévoyais de dire que c’était pour avoir un challenge plus intéressant. Comme ça c’est bon, ils n’auront pas de regrets.

VDM (je l’ai bien mérité)

Bienvenue au club

Nicolas | 27 décembre 2009

Depuis mon arrivée en Chine, j’avais arrêté d’écrire des nouvelles. Pas vraiment un choix, ça s’est fait comme ça. Pour compenser, j’avais repris la lecture. Mais la plume me titillait quand même assez régulièrement. Alors cette fois j’ai sauté le pas : j’ai participé au concours de nouvelles de HFR.

Rappel des règles :

Attention ! votre histoire (nouvelle, pièce en quatre actes, sonnet, pamphlet…) devra donc obligatoirement commencer par la phrase suivante :

>>> « Bienvenue au club ».

Vous prendrez grand soin de caser de façon plus ou moins outrecuidante TOUS les mots suivants, dans l’ordre qui vous chantera :

* Bouder
* Calot
* Cylindre
* Cyrillique
* Echappement
* Ensablé
* Glacière
* Muséum
* Pneumatique
* Reprise
* Valériane

Et puis, tant que nous y sommes, les expressions suivantes :

* « Devoir une fière chandelle »
* « Faire d’une pierre deux coups »
* « Ça passe! »
* « Connaître la musique »
* « Cousu de fil blanc »

On peut conjuguer les verbes, mettre les noms et adjectifs au pluriel, bien entendu.

*** /!\ ATTENTION /!\ ***

Vous veillerez à inclure dans votre texte les situations indiquées ci-dessous. Vous pouvez les mentionner brièvement ou vous y attarder. Hopla.

Les situations

>> Faire intervenir Jeanne Moreau.
>> Insérer une recette de cuisine.

Je ne suis pas particulièrement fier de ce que j’ai écrit, mais je suis satisfait de n’être pas resté muet devant ma page blanche, comme cela s’est passé les fois d’avant. A vous de juger. Texte écrit en écoutant le dernier album de Nolwenn Leroy que je vous recommande chaudement (je déconne pas).

- Bienvenue au club d’échecs, mademoiselle !
- Ah, pardon, ce n’est pas ici le club du 3ème âge ? Je viens voir ma grand-mère !
- Non, j’en suis sincèrement désolé, c’est au bout du couloir. Mais puisque vous êtes là, n’hésitez pas, venez vous asseoir et jouer avec nous, votre grand-mère comprendra ! Compte tenu du prix actuel du pneumatique et de ce que rejette le pot d’échappement de votre voiture, cela fera d’une pierre deux coups. Je dois également ajouter que nous n’avons pas l’habitude d’accueillir une jolie demoiselle comme vous…
- Vous savez, je suis venue à pied mais d’accord, ce serait malhonnête de refuser ; juste une petite partie, après j’y vais.

Elle s’assoit à ma table et je lui donne les règles du jeu à lire. Ce n’est pas dans mes habitudes de jouer avec des débutants mais une occasion comme celle là ne se représente pas deux fois, et tant pis si les autres membres du club boudent comme des glacières. Elle a l’air de froncer les yeux en lisant, comme si je lui avais présenté un document écrit en alphabet cyrillique.

- Alors, comment se passe la lecture ?
- Plutôt mal. Quand j’étais à l’école primaire, j’étais une championne aux billes, je collectionnais les calots, mais j’avoue que depuis je n’ai plus joué à un seul jeu. Et à notre époque, je croyais qu’on n’en trouvait désormais que dans les muséums. Je dois avoir le cerveau ensablé, ça ne passe pas.
- Mais si, ça passe ! Regarde, je t’explique. Tu vois les petits cylindres, aux quatre coins du jeu ? Ce sont les tours. Tu peux les déplacer verticalement ou horizontalement, comme les vêtements dans ta garde-robe.
- Ah, le sarcasme, merci bien… On ne se connait même pas. Si c’est comme ça que vous accueillez toutes les filles qui passent vous voir, je comprends mieux qu’elles ne reviennent pas. De toute façon, c’était cousu de fil blanc, à peine j’avais mis un pied dans la maison que vous commenciez déjà à me harceler !
- Mais je…

C’est à ce moment précis où j’étais en mauvaise posture qu’une vieille dame rentre dans le local du club. A peine ai-je le temps de me retourner que mon adversaire du jour s’est déjà levée de sa chaise.

- Mamie Jeanne !, s’exclama la jeune fille.
- Pardonnez-moi mon intrusion ici, nous adressa la vieille dame. Je suis Jeanne Moreau, et cette demoiselle agressive est ma petite fille. Je l’ai entendue de l’autre bout du couloir, j’ai tout de suite compris ce qu’il se passait, je connais la musique !, s’exclama la vieille dame.
- Madame Moreau, quelle surprise de vous rencontrer, soyez la bienvenue dans notre modeste club d’échecs. Merci d’être intervenue pour me sauver, je vous dois une fière chandelle.
- Mon petit, pas de chichis avec moi, appelle moi Jeanne. Si jamais tu souhaites me rendre service en retour, je veux bien que tu m’aides, pour le club du 3ème âge. Cela va être la reprise du concours de cuisine et je n’ai encore rien commencé, tu ne connaitrais pas une bonne recette ? Le gagnant aura droit à une tasse de valériane.
- J’ai oublié mon livre de recettes dans mon autre pantalon. Mais notez donc ceci : Faites bouillir ensemble de la confiture, du poivre, du sel, des rognons, des figues, du savon de Marseille, une poule, du miel, du piment, du boudin, des œufs, et des pépins de grenade. Vous m’en direz des nouvelles.
- Merci bien, c’est toi qui me sauve. Je dois y aller maintenant. Tu viens avec moi, ma petite ?
- Non mamie, tu me raconteras, passe me chercher après. J’ai une partie à finir.

Instant philosophique

Nicolas | 19 décembre 2009

Hier soir, j’ai été me faire couper les cheveux pour 2 euros, incluant le massage du crâne, des épaules et des bras, et un curage des oreilles. Cela suffit déjà à mon bonheur. Mais j’ai également eu la chance de croiser un assistant-coiffeur chinois avec un tee-shirt à texte où était écrit ceci, en français :

“Si tu pisses partout,
T’es pas Chanel du tout.”

J’en suis pas encore remis.

Om Mani Padme Hum

Nicolas | 16 décembre 2009

Hier après-midi, 16h, quelques étages au dessus du “fake market”. Rendez-vous avec le chef dans la salle de réunion pour le bilan de fin d’année.

- Nicolas, nous sommes satisfaits de ton travail, très satisfait, même. Mais tu sais qu’on est une start-up, on ne fait pas encore de bénéfices, et les actionnaires nous ont demandé de geler les salaires à partir de maintenant. Comme tu es un bon élément, j’ai fait mon maximum pour t’obtenir 100 euros brut de plus par mois à partir du 1er janvier !
- Ah… Moi, ce que je veux, c’est avoir le même salaire que mon collègue qui a le même poste que moi, ni plus ni moins. Il gagne beaucoup plus, je n’ai rien contre, je veux juste avoir la même chose.
- C’est pas possible. Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Tu signes ?

J’ai signé. Pas le choix.

On Mani Padme Hum…